Argent de poche : combien donner et comment le verser
L'essentiel : comment fixer l'argent de poche ?
Il n'existe aucun barème officiel, et chercher « le bon montant » est la mauvaise porte d'entrée. La question utile est : qu'est-ce que cet argent doit couvrir ? Définissez le périmètre, le montant en découle, et il devient négociable sur des bases claires plutôt qu'au feeling.
- La règle qui marche : fixer le périmètre (sorties, vêtements, téléphone…) avant le montant
- Le point le plus formateur : une date fixe. Hebdomadaire chez les plus jeunes, mensuelle à partir de 12-13 ans
- Espèces : rendent la dépense tangible : précieux avant 10-11 ans
- Carte : apprend à lire un relevé et à anticiper. Pixpay dès 8 ans, BoursoBank Offre 10-17 dès 10 ans, Nickel Jeune dès 12 ans
- Aucun risque : ces cartes sont à autorisation systématique : le découvert est techniquement impossible
Données tarifaires vérifiées sur les sites officiels. Dernière vérification : juillet 2026.
Définir le périmètre avant le montant
La plupart des parents cherchent d'abord un chiffre. C'est l'ordre inverse qui fonctionne. Un montant n'a de sens que rapporté à ce qu'il doit financer : 10 € par semaine peuvent être généreux ou insuffisants selon que l'enfant paie seulement ses sorties ou aussi ses vêtements.
Posez donc la question dans l'autre sens : qu'est-ce que je cesse de payer directement ? Les réponses courantes, par ordre d'autonomie croissante :
- Niveau 1 : les petits plaisirs (friandises, magazines, applications)
- Niveau 2 : les sorties (cinéma, fast-food, activités entre amis)
- Niveau 3 : les transports et le téléphone (recharges, abonnements)
- Niveau 4 : une partie des vêtements, hors équipement de base
- Niveau 5 : un budget mensuel global, en fin d'adolescence, qui préfigure la gestion d'un vrai compte
Cette approche a un avantage secondaire : elle rend la discussion possible. « C'est trop peu » devient une conversation sur le périmètre, pas un rapport de force sur un chiffre.
Le rythme de versement
C'est probablement l'élément le plus formateur, et le plus souvent négligé. Un versement à date fixe crée la contrainte qui produit l'apprentissage : si tout est dépensé le 5 du mois, il faut attendre le 1er suivant.
À l'inverse, les versements « à la demande » : un billet quand l'enfant en réclame : suppriment exactement ce qu'on cherche à enseigner. L'enfant apprend alors à négocier, pas à gérer.
En pratique : hebdomadaire jusqu'à 11-12 ans (l'horizon d'un mois est trop lointain pour un enfant), puis mensuel, ce qui prépare au rythme d'un salaire. Les applications de cartes pour mineurs permettent de programmer ce virement automatiquement, ce qui évite d'y penser et rend la règle impersonnelle.
Espèces ou carte : ce que chacune apprend
Ce n'est pas l'une contre l'autre : elles enseignent deux compétences différentes.
Les espèces
Elles rendent la dépense physique. Un billet qui part et ne revient pas marque bien plus qu'un solde qui baisse dans une application. C'est particulièrement vrai avant 10-11 ans, où la notion de solde reste abstraite.
La carte
Elle apprend à lire un relevé, distinguer solde et disponible, anticiper un prélèvement. Ce sont exactement les compétences qui manquent le plus aux jeunes majeurs, et elle permet aux parents de discuter des dépenses sur des données réelles plutôt que sur des souvenirs.
Les cartes pour mineurs disponibles
| Offre | Âge | Prix | Particularité |
|---|---|---|---|
| Pixpay | Dès 8 ans | À partir de 3,99 €/mois | Outils pédagogiques : missions, cagnotte, catégories de dépenses |
| BoursoBank : Offre 10-17 | Dès 10 ans | Gratuite | Suppose qu'un parent soit déjà client BoursoBank |
| Nickel Jeune | Dès 12 ans | 25 €/an | Ouverture en bureau de tabac, sans condition ni banque préalable |
Tarifs relevés sur les sites officiels en juillet 2026. Dans les trois cas, la carte est à autorisation systématique : le solde est vérifié avant chaque paiement, le découvert est impossible.
Notre comparatif détaillé des cartes pour mineurs compare les fonctions de contrôle parental de chacune.
Rappel juridique : avant 18 ans, l'accord écrit des représentants légaux est obligatoire pour toute ouverture de compte ou de carte. Et les parents restent légalement responsables des engagements financiers de leur enfant mineur : une raison de plus de privilégier les cartes sans découvert possible.
Faire épargner une partie
Une règle simple et efficace : une part fixe de chaque versement va à l'épargne, pour un objectif choisi par l'enfant. Le taux importe moins que la régularité et le fait que l'objectif soit le sien.
Dès 12 ans, le Livret Jeune prend le relais des cagnottes applicatives : plafonné à 1 600 €, ses intérêts sont totalement défiscalisés et son taux ne peut jamais descendre sous celui du Livret A. C'est le premier vrai produit d'épargne d'un jeune, et le bon moment pour expliquer ce qu'est un taux d'intérêt.
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