Le compte pro est-il obligatoire pour un auto-entrepreneur ?
L'essentiel
Non, presque jamais. La loi impose un compte dédié à l'activité uniquement lorsque le chiffre d'affaires dépasse 10 000 € deux années civiles consécutives. Et ce compte dédié peut être un simple compte courant séparé : rien n'oblige à souscrire un compte estampillé « professionnel », plus cher.
L'exception est la société : SASU, EURL et leurs variantes doivent un compte au nom de l'entreprise, dès la création, pour le dépôt du capital.
La règle exacte, et d'où elle vient
Depuis la loi PACTE de 2019, l'obligation est codifiée à l'article L. 613-10 du code de la sécurité sociale : un entrepreneur individuel dont le chiffre d'affaires a dépassé 10 000 € pendant deux années civiles consécutives doit détenir un compte dédié à son activité professionnelle. Deux précisions changent tout.
D'abord, le seuil s'apprécie sur deux années de suite : une seule bonne année ne déclenche rien. Ensuite, le texte exige un compte dédié, pas un compte professionnel : un second compte courant ordinaire, réservé aux encaissements et dépenses de l'activité, remplit l'obligation. La règle est vérifiable sur service-public.fr.
Qui doit quoi, en pratique
| Situation | Obligation légale | Recommandation |
|---|---|---|
| Micro-entreprise, CA sous 10 000 € | Aucune | Séparer quand même les flux, dès le début |
| Micro-entreprise, CA au-dessus de 10 000 € deux ans de suite | Compte dédié : un compte courant séparé suffit | Vérifier que les CGU du compte tolèrent l'usage |
| Entreprise individuelle hors micro | Même règle du compte dédié | Un compte pro devient utile avec le volume |
| SASU, EURL, société | Compte au nom de la société, dès la création | Le dépôt de capital l'impose de fait |
Pourquoi séparer même sans obligation
Trois raisons pratiques, avant toute considération légale. Les conditions générales de la plupart des comptes particuliers interdisent l'usage professionnel : une banque peut clôturer un compte qui reçoit des virements clients réguliers. Un contrôle URSSAF ou fiscal se passe beaucoup mieux quand chaque mouvement du compte s'explique par l'activité. Et votre comptabilité, même minimale en micro, devient triviale quand le relevé bancaire ne contient que du professionnel.
Que choisir, concrètement
Sous le seuil, un second compte courant gratuit fait l'affaire si ses CGU le tolèrent. Au-delà, ou dès que vous voulez des devis, de la facturation et un suivi URSSAF intégrés, un compte pensé pour les indépendants se justifie : les offres et leurs tarifs vérifiés figurent dans notre comparatif des comptes professionnels, et le face-à-face des deux acteurs les plus connus dans Qonto vs Shine.
Attention aux formulations commerciales : beaucoup de sites affirment que « le compte pro est obligatoire » pour vendre l'abonnement qui va avec. La loi exige un compte dédié, au-delà d'un seuil, et rien de plus pour un entrepreneur individuel.
Questions fréquentes
Pour aller plus loin
- Comparatif des comptes professionnelsShine, Qonto, Indy et Hello Business, tarifs et conditions vérifiés.
- Déposer son capital en ligneLe passage obligé de la création de SASU ou d'EURL, expliqué pas à pas.
- Guide de la carte bancaire freelanceChoisir sa carte quand on est indépendant, côté perso comme côté pro.
- Qonto vs ShineLe face-à-face des deux comptes pro les plus connus.
Règle vérifiée sur service-public.fr. Dernière vérification : 8 août 2026.
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