Compte bancaire et succession : ce qui se passe au décès
L'essentiel : comptes bancaires et décès en 2026
Beaucoup de contenus en ligne sont périmés depuis juin 2026 : voici l'état exact du droit :
- Comptes individuels bloqués dès l'annonce du décès ; le compte joint continue pour le cotitulaire survivant
- Obsèques : payables sur le compte bloqué, sur facture, jusqu'à 5 000 €
- Frais bancaires de succession plafonnés : 1 % des avoirs, maximum 857 € (loi applicable depuis le 13 novembre 2025)
- Changement du 20 juin 2026 : les cas de gratuité (succession < 5 910 €, défunt mineur, succession simple) ont été censurés par le Conseil constitutionnel : seul le plafond subsiste
- Sans notaire : déblocage possible sur attestation des héritiers si les avoirs bancaires sont inférieurs à 5 910 €
- Hors succession : l'assurance-vie est versée directement aux bénéficiaires désignés (abattement 152 500 €/bénéficiaire avant 70 ans)
Cadre vérifié : loi du 13 mai 2025, décision du Conseil constitutionnel n° 2026-1207 QPC du 19 juin 2026, Service-Public.fr ; dernière vérification : 30 juillet 2026.
Le blocage des comptes, concrètement
La banque bloque les comptes individuels du défunt dès qu'elle est informée du décès : par les proches (acte de décès) ou par le notaire. Les cartes sont désactivées, les procurations cessent immédiatement, les virements émis sont suspendus. Trois flux restent possibles sur le compte bloqué :
- Le paiement des obsèques sur présentation de la facture, dans la limite réglementaire de 5 000 € ;
- Certains actes conservatoires : frais de dernière maladie, impôts dus par le défunt (même plafond global) ;
- Les opérations en cours antérieures au décès (chèques émis, prélèvements engagés) peuvent être honorées.
Le compte joint échappe au blocage : le cotitulaire survivant continue de l'utiliser, la moitié du solde au jour du décès étant présumée revenir à la succession. Les livrets réglementés, eux, cessent d'être alimentables mais produisent des intérêts jusqu'à la clôture.
Les frais bancaires : ce qui a changé en 2025-2026
Longtemps dénoncés comme une « taxe sur le deuil » (des frais moyens de plus de 200 €, jusqu'à 500 € et plus selon les banques), les frais de traitement bancaire des successions sont encadrés par la loi du 13 mai 2025, applicable aux successions ouvertes depuis le 13 novembre 2025 :
| Période | Règle applicable |
|---|---|
| Avant le 13 novembre 2025 | Frais libres : de 80 € à plus de 500 € selon les établissements |
| 13 novembre 2025 → 19 juin 2026 | Plafond de 1 % des avoirs (max 857 €) + gratuité pour les successions < 5 910 €, les défunts mineurs et les successions « simples » |
| Depuis le 20 juin 2026 | Plafond de 1 % des avoirs (max 857 €) uniquement : les trois cas de gratuité ont été censurés par le Conseil constitutionnel (décision n° 2026-1207 QPC du 19 juin 2026) |
Le Conseil constitutionnel a jugé que l'interdiction totale de facturation portait une atteinte disproportionnée à la liberté d'entreprendre : la censure est d'effet immédiat. Concrètement en 2026 : toute facturation au-delà de 1 % des avoirs ou de 857 € est illégale, mais une banque peut de nouveau facturer (dans ce plafond) les petites successions. Certains établissements maintiennent volontairement la gratuité commerciale : le tarif figure dans la brochure tarifaire, rubrique « succession ».
Débloquer les fonds : avec ou sans notaire
- Avoirs bancaires < 5 910 € et pas de bien immobilier : les héritiers peuvent obtenir la clôture et le versement sans notaire, avec une attestation signée de tous les héritiers, les actes d'état civil et un certificat d'absence d'inscription de dernières volontés.
- Au-delà : le notaire établit l'acte de notoriété qui permet à la banque de répartir les fonds. Comptez plusieurs semaines à quelques mois selon la complexité de la succession.
- Comptes introuvables : FICOBA (comptes bancaires) et FICOVIE (assurance-vie) via le notaire ; Ciclade pour les avoirs anciens transférés à la Caisse des dépôts.
Anticiper : compte joint et assurance-vie
Deux outils simples évitent l'essentiel des difficultés de trésorerie au conjoint survivant :
- Le compte joint : il continue de fonctionner au décès et laisse au survivant l'accès au quotidien. Notre comparatif des comptes joints couvre les offres gratuites.
- L'assurance-vie : versée aux bénéficiaires désignés hors succession et hors blocage, avec l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire (versements avant 70 ans). La clause bénéficiaire mérite d'être relue à chaque événement de vie : notre comparatif des contrats en ligne.
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